Vie professionnelle

Prise en charge de la lecture labiale dans le cadre d'aménagement de poste

Aménagement du poste de travail : la lecture labiale est aussi une nécessité

La loi de 2005 stipule que l'employeur a obligation de mettre en œuvre les mesures appropriées au maintien dans l'emploi du travailleur handicapé.

Concernant le déficit auditif, l'aménagement du poste de travail peut s'appuyer principalement sur deux volets :

  1. Les outils techniques et/ou humains : appareillage auditif, boucle à induction magnétique, téléphone adapté, transcription de la parole (logiciel in situ ou via des prestations externes), interprète/codage, etc.
  2. La formation à la pratique de la lecture labiale (l'appareillage auditif ayant ses limites), sous différentes formes :
  • séances individuelles avec orthophoniste sur prescription médicale : démarche personnelle ne concernant pas l'employeur
  • stages de lecture labiale organisés en été par l'ARDDS : ils sont de plus en plus souvent pris en charge par l'employeur (voir le site de l'ARDDS)
  • Cours collectifs organisé par une association locale avec une orthophoniste (exple l'ARDDS IDF le jeudi)

Evidemment, il n'est pas facile, de demander, de justifier et de compenser les absences au travail tous les jeudis pour aller en cours de Lecture labiale! Néanmoins, il y a possibilité de prise en charge des cours - coût pédagogique et coût des absences au travail - via les fonds d'insertion AGEFIPH, FIPHFP.

En effet, il s'agit d'une formation professionnelle visant au maintien dans l'emploi du travailleur handicapé.
Pour argumenter, il y a lieu de souligner les points suivants :

  • le coût pour l'employeur peut être totalement pris en charge
  • cette formation est limitée dans le temps : formation avec progression de niveau de compréhension sur 4 ans
  • les cours se déroulent hors vacances scolaires.
  • le but de cette formation est de faciliter la compréhension de la parole en milieu professionnel, avec à la clef un retour positif pour l'employeur : meilleure efficacité, plus de rapidité de compréhension, moins de stress et meilleure confiance en soi pour la personne handicapée, moins de tensions avec l'entourage, la hiérarchie, les collègues, etc...
  • le fait de suivre les cours de LL montre que le salarié a la volonté et la détermination de s'impliquer dans ses fonctions et dans ses relations professionnelles.
  • cette volonté d'implication limite les risques d'isolement, processus caractérisant les salariés devenus sourds, et contribue à prévenir les risques psycho-sociaux.

Procédure :

  • être reconnu travailleur handicapé
  • courrier d'un ORL préconisant l'apprentissage de la lecture labiale
  • voir le médecin du travail, la DRH et/ou le référent handicap
  • demander soi-même (ou à la DRH) l'appui du SAMETH, organisme offrant des prestations gratuites en analyses, conseils et démarches, pour l'aménagement du poste de travail des salariés du secteur public ou privé (présence d'un SAMETH dans chaque département)
  • se rapprocher des représentants du personnel

Conclusion :

Ne pas hésiter à demander les cours de LL dans le cadre global de l'aménagement de poste, faire preuve de ténacité et... s'armer de patience...

Brigitte PIOT

Faire comprendre son handicap

Vous êtes malentendant ou devenu sourd, en activité professionnelle ?

Le dossier du 6 millions de malentendants n° 2 de juillet 2011 avait pour sujet "Mal entendre au travail".

L'attitude positive de la personne malentendante dans son entreprise est extrêmement importante car elle contribue à une bonne sensibilisation de la hiérarchie et des collègues au handicap auditif et donc aussi de la société française. Il y a encore trop de malentendants qui hésitent à dire franchement qu'ils ont des difficultés de comprendre en réunion ou au téléphone, lorsque plusieurs collègues bavardent juste à côté.

presidents malentendants

Il est préférable de clarifier votre situation en expliquant clairement vos difficultés.
Simuler d'avoir compris, faire du "bluff", vous conduira tôt ou tard dans des situations inconfortables où les "petits mensonges" deviennent des malentendus suivis de malaises de part et d'autre. Avouer franchement ne pas avoir compris, en précisant que vous êtes malentendant, conduira peu à peu vos collègues de modifier leurs comportements de communication avec vous ce qui facilitera vos échanges.

Lorsque les pertes auditives deviennent une réelle gêne pour vous, n'hésitez pas à contacter la Maison Départementale des Personnes Handicapées en vue d'obtenir la RQTH (reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé). Celle-ci vous permettra par la suite l'ouverture de droits, notamment dans le cas d'un aménagement de poste, d'aides techniques et même pour l'achat ou le remplacement d'aides de correction auditive.

Des personnalités politiques ont joué à la politique d'autruche. Ne les imitez pas ! Osez dire que vous êtes malentendant !

Télécharger le dossier "Mal entendre au travail" - 6 millions de malentendants n° 2 - juillet 2011

AGEFIPH et FIPHFP

L'AGEFIPH

L'Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées est un organisme paritaire institué par la loi du 10 juillet 1987. Son but est de favoriser l'insertion professionnelle et le maintien dans l'emploi des personnes handicapées dans les entreprises du secteur privé. Partenaire de la politique de l'emploi menée par les pouvoirs publics, l'Agefiph est un acteur central de l'emploi des personnes handicapées. Sa mission de service public s'inscrit dans le cadre d'une convention signée avec l'État.

L'Agefiph gère les contributions financières versées par les entreprises privées de vingt salariés et plus soumises à l'obligation d'emploi des personnes handicapées. L'Agefiph apporte services, aides financières ainsi que l'appui d'un réseau de professionnels spécialisés.

Leurs partenaires-services sont : Alther, Sameth, Cap Emploi

Pour plus de renseignements, consulter le site de l'organisme : www.agefiph.fr

Le FIPHFP

C'est la loi du 11 Février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées qui instaure le Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique ( FIPHFP). Cette loi a été complétée par le décret n°2006-501 du 3 mai 2006.

Le Fond pour l'Insertion des Personnes Handicapées de la Fonction Publique a pour missions de favoriser, grâce à une politique incitative :

  • le recrutement des personnes en situation de handicap dans les trois fonctions publiques (depuis le 31 décembre 2011, l'exploitant La Poste ne relève plus des missions du FIPHFP).
  • le maintien de ces personnes dans l'emploi

Le FIPHFP met ses moyens et financements au service des employeurs publics qui mettent en œuvre des politiques en faveur de l'emploi des personnes handicapées dans leurs services.

Le FIPHFP aide ainsi les fonctions publiques à remplir leurs engagements vis-à-vis des personnes handicapées et à atteindre le taux légal des 6 %. Les employeurs publics concernés sont :

  • la fonction publique de l'Etat (ministères,...) ;
  • la fonction publique territoriale (communes, Régions, Départements,...) ;
  • la fonction publique hospitalière.

Pour plus de renseignements, consulter le site de l'organisme : www.fiphfp.fr

 

MDPH

Maison Départementale des Personnes Handicapées

Créées par la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées du 11 février 2005 (dite loi Handicap), les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) sont chargées de l'accueil et de l'accompagnement des personnes handicapées et de leurs proches.

Il existe une MDPH dans chaque département, fonctionnant comme un guichet unique pour toutes les démarches liées aux diverses situations de handicap, en lien avec la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA).

La personne handicapée est au cœur de ce dispositif de service public, via une réelle prise en compte de son projet de vie et une évaluation fine de ses besoins par une équipe pluridisciplinaire, afin de reconnaître ses droits par la commission des droits et de l'autonomie (CDA).

Les missions et domaines d'expertise des MDPH sont vastes :

  • information
  • accueil - écoute
  • évaluation des besoins de compensation
  • élaboration du plan de compensation
  • attribution des prestations et orientation scolaire, médico-sociale ou professionnelle
  • suivi des décisions
  • médiation et conciliation
  • accessibilité

La MDPH organise la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui décide de l'attribution des aides et des prestations destinées à la compensation du handicap (Plan personnalisé de compensation). Elle prend également les décisions d'orientation vers un établissement ou un service médico-social. Elle peut aussi orienter le travailleur handicapé vers une structure adaptée.
La MDPH reçoit et gère les demandes de droits et de prestations qui entrent dans le champ de ses compétences.

  • Pour les adultes : Projet de vie, Prestation de compensation du handicap, Allocation pour adulte handicapé, Allocation compensatrice pour frais professionnels, Allocation compensatrice pour tierce personne, Complément de ressources, Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, Carte d'invalidité, Carte de priorité, Carte de stationnement.
  • Pour les enfants : Projet de vie, Parcours de scolarisation, Prestation de compensation du handicap, Allocation d'éducation de l'enfant handicapé, Carte d'invalidité, Carte de priorité, Carte de stationnement.

La MDPH assure également la coordination entre les différents acteurs publics et les dispositifs sanitaires et médico-sociaux.

Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH)

La reconnaissance de la qualité de travailleur handicap (RQTH) est attribuée par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées(CDAPH). Peut en bénéficier toute personne dont les possibilités d'obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l'altération d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales ou psychique.

Une personne handicapée ayant une RQTH bénéficie de mesures telles que :

  • l'orientation par la CDAPH vers une entreprise adaptée, un établissement ou service d'aide par le travail ou une formation (stage en centre de formation ordinaire ou spécialisé, contrat d'apprentissage...),
  • le soutien du réseau de placement spécialisé Cap Emploi (équipe de préparation et de suite de reclassement – EPSR – ou organisme d'insertion et de placement – OIP),
  • être bénéficiaire de l'obligation d'emploi de travailleurs handicapés à laquelle sont soumis les établissements de 20 salariés et plus,
  • l'accès à la fonction publique par concours, aménagé ou non, ou par recrutement contractuel spécifique,
  • les aides de l'Agefiph pou l'insertion en milieu ordinaire de travail,
  • la priorité d'accès à diverses mesures d'aides à l'emploi et à la formation.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites.